Tissage aux cartes – les 10 conseils que j’aurai voulu avoir au début…


Si vous faites de la reconstitution viking / médiévale, la fabrication de vos propres galons va rapidement être un indispensable !
Nombreux sont les artisans à en proposer (de superbes d’ailleurs bien souvent), mais peut-être aurez-vous envie de vous lancer. Je vous invite à consulter l’article qui résume mes débuts… ou à aller directement voir le « pas à pas » proposé sur le blog de « L’atelier de Micky » (ses fils de laine en teinture végétale sont d’ailleurs parfait pour le tissage aux cartes) avec un article parfaitement complet sur le sujet !


Pour autant, après quelques mois de « perfectionnement », voici les 10 conseils que j’aurai aimé avoir dès mes débuts, histoire d’être + efficace (et rapidement) :

1. Avec un « métier à tisser », c’est + facile !
Alors oui, on peut tisser aux cartes sans matériel : on tisse « à la ceinture ». Cela ne coûte rien et évite le choix cornélien « est-ce que j’investis dans un métier à tisser ? ».
Pour autant, soyons clair : c’est BEAAAAAUUUUUCOUP + facile de tisser un galon sur un métier (ou sur un support qui fait tout le boulot de tension sans fatiguer). Et, personnellement, je trouve qu’au bout d’un moment, cela fait mal au dos de maintenir la pression du tissage… mais ça, c’est peut-être parce que je ne suis plus toute jeune !
Mon conseil : essayez chez un·e ami·e qui a déjà un métier à tisser ! Vous n’aurez qu’à vous concentrer sur les cartes / le « tassage » et, pour démarrer, c’est suffisant !
Vous n’avez pas d’ami·e / de connaissance qui a un métier à tisser ? Disposez votre galon sur un tréteau : pour débuter, cela vous fera un projet pas trop long qui vous permettra de tester sans rien vous coûter ^^

Le métier à tisser fabriqué par mon conjoint !

2. Par quel motif commencer ?
Sans hésiter, le motif Oseberg ! À la fois parce que c’est un motif « historique » (retrouvé dans des vestiges archéologiques), mais surtout parce qu’il permet, pour un 1er galon, de limiter sa « concentration » uniquement sur les gestes : le motif Oseberg, c’est toutes les cartes qui tournent dans le même sens, tout le temps.
En évitant les « loupés », vous allez donc immédiatement acquérir le reste : l’ordre des mouvements, la gestion de la tension (surtout si vous tissez à la ceinture) et le tassage de votre fil de trame. D’autre part, ce motif est identique sur le recto et le verso : c’est encore un souci de moins à s’occuper ! Ainsi, dès votre galon terminé, vous avez les bases et vous pouvez vous lancer sereinement dans un tissage + complexe.

3. Avec quel motif continuer ?
Là encore, je conseille de rester, pour votre 2e galon, sur quelque chose de simple, l’idée étant de maîtriser étape par étape : cela peut paraître un peu frustrant de ne pas se lancer tout de suite dans un joli motif super compliqué, mais cette méthode va vous permettre d’avoir le geste assuré et de pouvoir gérer les motifs complexes + vite.
Pour un 2e galon, je conseillerai donc un motif simple qui va vous permettre d’improviser, mais toujours avec les cartes toutes dans le même sens, que ce soit en avant ou en arrière. Avec des motifs comme ceux donnés ci-dessous (pour celui de gauche : on tourne 7 fois dans un sens puis 7 fois dans l’autre / pour celui de droite : on tourne 6 fois dans un sens puis 6 fois dans l’autre), vous allez pouvoir improviser : modifiez le nombre de rotation pour observer les variations possibles du motif !
Sur l’article indispensable – à mon avis – pour apprendre à tisser de Micky (cité en introduction de cet article), elle vous montre très bien les variations !

Normalement, après ces 2 premiers galons, vous avez acquis :
– le montage de votre projet
– la gestion de la tension
– la gestion du tassage
– l’ordre des gestes à accomplir
– la compréhension du lien rotation des cartes / motif
– et normalement, vous produisez déjà un galon bien régulier / uniforme
Il ne vous reste donc plus qu’à gérer les cartes ou plutôt la gestion des mouvements de cartes indépendamment les uns des autres !

Pour votre 3e galon, choisissez donc un motif avec quelques mouvements de cartes différenciés mais répétitifs (exemple de gauche ci-dessous), mais patientez encore un peu avant de vous lancer dans un motif très complexe (exemple de droite ci-dessous).
Bref, poursuivez votre cheminement étape par étape, vous y êtes presque !

4. Préférez des plaquettes fines !
Mes 1ères plaquettes, je les ai achetées à la réserve viking de Foteviken (à côté de Malmö). Comme je n’avais jamais tissé, je les trouvais super fines… Elles ne sont pas si mal pour de la laine épaisse mais si j’avais su, j’en aurai acheté tout de suite des extra-fines.
D’ailleurs, avant d’en acheter, beaucoup de tutoriels vous recommande de les réaliser vous-mêmes avec… des cartes à jouer ! Et c’est réellement un bon conseil : extra-fines, extra-résistantes, qui « glissent » parfaitement… Je pense que c’est le parfait compromis si vous ne voulez pas investir ! Le carton des pochettes à élastique semble également convenir à de nombreuses tisseuses… Soyez + réticentes avec le carton des emballages (paquets de céréales, de gâteau, etc.) : il s’use + vite car il est moins plastifié que les cartes à jouer.

Mais pourquoi des plaquettes fines me direz-vous ? Tout simplement parce que, quel que soit le fil utilisé, vous aurez vos fils de chaînes bien resserrés… ce qui est un souci de moins à gérer lorsqu’on démarre le tissage aux plaquettes ! Vous ne vous occupez donc que du « tassage », pas du « resserrage » de votre galon !

Et tant qu’on est sur les plaquettes, n’hésitez pas à en fabriquer de couleurs différentes. Dans le cas de motifs « répétitifs » (comme le dernier exemple de gauche ci-dessus), il peut être intéressant d’utiliser 2 couleurs de plaquettes. Ainsi, les 4 premiers tous, vous tournez l’ensemble de vos 21 cartes ; au 5e tour, si vous avez judicieusement pris des plaquettes de couleurs différentes au moment du montage, vous voyez immédiatement lesquelles vont vers l’avant et lesquelles vers l’arrière !

Les 3 modèles de « cartes » de VytuVatu

Personnellement, j’ai des plaquettes en bois extra-fines dans 3 essences différentes ce qui me permet de différencier 3 rythmes différents. elles ont aussi l’avantage d’être assez petites, ce qui permet de les tenir bien en main (c’est moins fatigant que les « grandes » cartes). Elles sont réalisées par VytuVatu, un couple de Lituaniens sur Etsy : je recommande vivement !!!

5. Le tassage…
Au départ (avant de découvrir que j’allais aimer tisser mes galons), j’avais une navette bricolée maison : un carton épais découpé sur lequel j’enroulais mon fil de trame. Zéro dépense, c’était parfait pour démarrer ! Mais pour tasser, ce n’était pas top…
Avant d’investir dans une navette, vous pouvez utiliser une règle d’écolier pour tasser ! Oui, oui, la règle toute bête de 20 cm. Leur découpe en biseau au niveau des graduations est parfaite pour un tassage efficace ! Cela vous fait 2 outils au lieu d’un, mais ça évite d’investir au début !

Et si vous sentez que vous avez été contaminé par la passion du tissage, choisissez bien votre navette ! Il vaut mieux en avoir plusieurs qui correspondent à vos besoins qu’une seule qui ne soit finalement pas bien adaptée à vos usages.

Navettes toutes simples proposées par VytuVatu… mais tellement pratiques !

Personnellement, pour tisser les galons, j’ai pris la navette la + simple du même artisan Etsy que pour les plaquettes et j’en suis ravie ! On peut y « stocker » beaucoup de fil de trame, la largeur est parfaite pour tous mes galons et le biseautage du bord est nickel pour tasser !

6. Anticiper les belles finitions
Quand on voit la quantité de fil utilisée pour un galon, on aurait tendance à « rentabiliser » au maximum et à tisser le + possible… Mais au final, je trouve que des belles finitions, ça change tout ! Personnellement, j’adore terminer les ceintures par de longues tresses plates. L’avantage, c’est que cela donne un beau tombé aux extrémités de la ceinture et que, selon moi, cela « termine » un costume.

Toujours est-il que de belles finitions, ça s’anticipe ! Il vous faudra donc laisser une bonne marge de fil avant le début de votre tissage… et en laisser autant à la fin ! Surtout si vous réalisez des tresses, vous aurez besoin de suffisamment de longueur pour les faire et les nouer. Bref, il va y avoir beaucoup de fil « gâché » et ça, il faut l’accepter, ce qui m’aura pris un certain temps !

Dernière ceinture en date : un peu + de 2 m de galon et des tresses de 15 cm environ !

7. Oui, le montage du galon est long, très long
C’est même hyper frustrant tellement c’est long… On se prépare psychologiquement (« Allez, c’est parti, aujourd’hui je me lance dans un nouveau galon ! »), cela fait déjà 3 jours qu’on a sélectionné le modèle préféré du moment, on a longuement hésité sur les associations de couleur, on a vérifié avoir assez de longueur de laine… bref, YAPLUKA !

Sauf que voilà, il faut prévoir les heures de montage… Et il y a de quoi être démotivé complètement… Sauf que quand on le sait (et qu’on s’y résigne), cela n’est qu’une étape du processus : on la passe calmement et on fait ainsi moins d’erreur de montage ! Donc si vous démarrer le tissage aux cartes et que vous prévoyez un motif avec de nombreuses couleurs et une trentaine de cartes (comme celui en photo ci-dessus : 28 cartes, 4 couleurs différentes), bloquez votre après-midi ! Déjà, il y aura les 112 fils à couper à la même longueur… Conseil bonus : pour qu’ils soient tous aux mêmes dimensions (ce qui est difficile à obtenir quand on les coupe 1 par 1 car on ne tire jamais avec la même tension sur le fil), je fais des tours entre 2 meubles (par exemple entre le pied de la table et le pied du canapé… 2 pieds de lits sont parfaits également !) : la tension se répartit dans le fil de laine et, lorsque vous coupez, tous vos fils sont de la même taille. Pour le galon en photo ci-dessus, cela donne ainsi 16 fils ocre + 16 fils en vieux rose + 24 fils bordeaux et enfin 56 fils turquoise. Ensuite vient le montage sur les cartes, sans se tromper sur les A, B, C, D ainsi que le sens S ou Z… et avec le montage vient le démélage car pour avoir une ceinture de + de 2 mètres avec de longues tresses, mes fils font à peu près 3 mètres de long…
Personnellement, je monte chaque carte au fur et à mesure sur le métier et les allers-retours entre les barres avec des fils de 3 mètres ou +, c’est très, très long… Bref, aujourd’hui je sais (et j’anticipe) que la préparation et le montage d’une ceinture de ce type me prend toute une après-midi et que je ne commencerai le tissage qu’après dîner. Et, j’avoue, depuis que je m’y suis résignée, je ne cherche plus à « aller vite », ce qui m’évite désormais de faire des erreurs dans le montage des plaquettes ! ^^

8. La solution aux fils qui se tordent : les émerillons
Ce conseil n’est utile que si vous avez un motif dans lequel au moins une partie des cartes vont toujours dans le même sens… Le motif que je propose pour démarrer par exemple (le fameux motif « Oseberg ») en fait partie. En effet, quand on tourne les cartes toujours dans le même sens, on ajoute une torsion supplémentaire au fil à chaque tour de carte. Tant qu’on a de la longueur de fil, cela passe sans problème… mais viendra un moment où vos fils n’en pourront plus d’être tournés sur eux-mêmes !

Pendant longtemps, j’arrêtai donc le tissage, je dénouais mes noeuds (mon métier étant « en rond », le début et la fin du galon sont noués ensemble), j’enlevai les torsions et je remontais le galon. C’était une étape fort longue et, au remontage, je ne retrouvais jamais la tension parfaite du démarrage. Comme je me doutais bien que je n’étais pas la première à avoir ce problème, j’ai farfouillé sur internet… Et là, tout simplement, l’astuce évidente que je n’avais jamais vue jusqu’alors : utiliser des émerillons au moment du montage !

photo d’illustration (car je n’ai pas de tissage avec des émerillons en ce moment) trouvée sur ce blog en espagnol !

Si vous ne connaissez pas, les émerillons, c’est un tout petit accessoire de pêche… On en trouve par paquet de 50 voire 100 pour 3 fois rien…
Personnellement, je rajoute de + grands anneaux aux extrémités de chaque émerillons : c’est + facile pour passer les fils dedans.
Je vous mets une photo d’illustration pour que vous puissiez voir le fameux accessoire… Le montage réalisé par la bloggeuse n’est pas « en boucle » (avec le début et la fin du galon qui se rejoignent), ce qui est d’ailleurs + facile pour enlever les torsions à mon avis !

9. Mince, j’ai fait une erreur…
Et bien, il faut démonter ! Ou plutôt, il faut revenir en arrière !
Oui, oui, sérieusement ! Pas la peine de se dire « oh, ça passe, ça ne se verra pas… » : la régularité d’un galon fait que cela se voit ! Cela se voit beaucoup même !
À mes débuts, je n’osai pas revenir en arrière, de peur de ne plus m’y retrouver (surtout sur des motifs « complexes »). Aujourd’hui, je n’hésite plus et, avec le recul, je regrette de ne pas avoir eu + confiance en moi à mes débuts (parce que, du coup, j’ai plusieurs galons avec des « fautes » qui dorment dans une boîte).

Alors je vous le dis : dès que vous voyez une erreur, marche arrière ! Faites le chemin à l’envers et réparez-la ! C’est comme ça que vous apprendrez le + !
Comme je dis souvent à mon fils : quand ça marche, c’est bien, mais on ne comprends pas forcément pourquoi… quand on fait une erreur, si on prend le temps de la rattraper, on comprends pourquoi ça n’a pas marché et, en +, on saura comment faire pour que cela n’arrive plus… Bref, comme le dit le proverbe « on apprend de ses erreurs » et c’est, je crois, le fait de revenir en arrière qui vous fera le + progresser en tissage !

10. Je tisse, je tisse… et je ne sais plus où j’en suis !
Dernières petites astuces qui m’auraient bien aidé au début :
> pensez à avoir les indications du motif juste à côté de vous, et à hauteur d’yeux c’est encore mieux ! D’ailleurs sur la photo de mon métier à tisser tout en haut de l’article, si vous regardez bien à gauche, vous verrez que le motif est scotché à côté de mon galon ^^
> enfin, la dernière : faites-vous une feuille numérotée que vous poserez à côté de vous ! Personnellement, je déplace une pièce (ou un joli caillou / une petite figurine / un jeton …) sur ma feuille – que j’ai plastifiée parce que ça glisse mieux – après chaque passage de fil de trame. Ainsi, si je suis arrêtée en plein tissage (parce que les chats ont faim, parce que le téléphone sonne, etc.), quand je reviens, je sais exactement où j’en suis du motif ! J’ai mis les multiplicateurs sur le côté, ce qui est bien utile quand il faut répéter la même série plusieurs fois de suite… et même une anti-sèche pour quand je suis fatiguée (forward = vers moi, backward = vers le métier). Bref, c’est tout simple à faire mais qu’est-ce que c’est pratique !!!

Ma feuille anti-sèche…


Voilà, j’espère que ces conseils vous seront utiles et/ou vous feront gagner du temps pour être au top dans le tissage aux cartes dès vos 1ers essais ! N’hésitez pas à ajouter vos propres astuces en commentaire !!!

Et si jamais tu cherches des idées de motif, tu peux aussi consulter mon tableau Pinterest de diagrammes pour le tissage aux cartes, il y a + de 100 modèles ! ^^

Si jamais tu n’oses pas te lancer pour fabriquer toi-même tes galons, contacte-moi via le blog qu’on puisse en discuter !



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